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    Heureux par vocation

    «Mon métier et mon art, c'est vivre!»*

    Par Didier Constant
    Publié le 24 octobre 2014
    Depuis 30 ans que j'exerce le métier de journaliste moto, je me fais régulièrement reprocher d'être «chanceux», parfois sur le ton de la jalousie,quelques fois, plus rares, je vous rassure, sur le ton du reproche. Comme si j'étais responsable de la déveine des envieux et des malchanceux…


    Comme si la chance avait quelque chose à voir avec le fait de vivre la vie que je me suis choisie et d’exercer un métier que j’aime. C’est oublier trop facilement les risques que j’ai pris, les sacrifices que j’ai faits et les choix de vie que j’ai entérinés pour y parvenir. Très tôt dans ma vie, j’ai décidé que je ne me lèverais pas tous les matins en râlant pour aller perdre ma vie à la gagner. C’est une règle à laquelle je me suis toujours tenu, au risque de passer pour un égoïste parfois ou de me faire accuser de ne pas avoir le sens du sacrifice. Par des gens dont l’altruisme ne s’exerce généralement guère en dehors du cercle intime et qui reprochent à la terre entière de faire un boulot qu’ils détestent. Comme si ce choix ils ne se l’étaient pas imposé eux-mêmes pour des raisons pas toujours valables. Ceci dit, même si on prétend qu’il n’y a pas de sots métiers, il y en a beaucoup qu’on laisse volontiers aux autres en étant très heureux qu’ils acceptent de les faire, mais là, je digresse.
    Je suis intimement convaincu qu’on ne peut pas faire le bonheur des autres si on n’est pas heureux soi-même et, philosophiquement, je n’adhère pas à la croyance qu’il faille souffrir sa vie entière sur Terre pour atteindre la félicité céleste. Le bonheur c’est aujourd’hui qu’il faut le savourer, car il est trop volatil pour être consommé plus tard. Et trop rare pour le laisser passer sans chercher à le saisir. Le bonheur est dans l’instant.
    Ainsi, dans une autre vie que j’ai partagée avec certains d’entre vous, j’ai été instituteur, ou maître d’école pour les plus vieux — aujourd’hui, on utilise le terme «professeur des écoles» que je trouve beaucoup moins sexy, mais ça, c’est une autre histoire —, un métier que j’avais également choisit par goût. «Enseigner, ce n’est pas un métier, c’est une vocation!», répétait inlassablement le directeur de l’École Normale où j’ai été formé. Et c’est un peu vrai. Il est des métiers comme ça — enseignant, médecin, infirmière, prêtre — qui revêtent un caractère philanthropique, voire sacerdotal. Qui suscitent le respect des autres par le prétendu don de soi que les personnes qui les pratiquent témoigneraient. Dans mon cas, j’avais choisi la carrière d’enseignant parce que j’aimais les enfants et que j’étais convaincu d’avoir un don pour leur donner le goût d’apprendre, leur transmettre la soif du savoir et piquer leur curiosité.
    «La vocation c’est avoir pour métier sa passion», écrivait justement Stendhal. On ne peut pas être un bon boulanger, un bon maçon, un bon chirurgien, un bon camionneur, ni un bon journaliste si on n’est pas profondément passionné par ce que l’on fait. Et ça on peut le vérifier quotidiennement dans notre vie. Cette idée était également partagée par Denis Diderot qui, quand il écrivit : «Il faut être enthousiaste de son métier pour y exceller», véhiculait à quelques nuances près le même message. Les gens qui aiment leur travail on les reconnaît au premier coup d’œil.
    Ceci dit, je reconnais volontiers que je suis comblé par mon métier, lequel m’amène à voyager dans des pays magnifiques, à piloter des motos géniales et surtout à rencontrer des gens formidables. En revanche, j’ai beaucoup investi dans cette carrière passionnante et il est normal que j’en retire les bienfaits aujourd’hui. C’est la moindre des choses. Et je n’ai ni à m’en excuser ni à m’en sentir coupable.
    Le pire que je vous souhaite, si ce n’est pas déjà fait, c’est d’avoir une vocation vous aussi. Et de goûter tous les jours la joie de se lever pour aller bosser. Ça donne une perspective beaucoup plus intéressante sur la vie.

    Légende photo

    Sur la photo ci-dessus, prise au circuit de Monteblanco, en Espagne, à l’occasion du lancement international de la BMW S1000RR, je suis surpris en flagrant délit de bonheur intense. Mea culpa! — Photo © Joerg Kuenstle
    * Montaigne – Extrait des Essais
    Cet article a été publié à l'origine dans la discussion du forum : Motoplus.ca: Heureux par vocation commencé(e) par Makiavel Afficher le message original