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V-Force
06/04/2011, 14h06
Par Henri Lebarbé
Motomag.qc.ca


L'achat d'une moto d'occasion demande une bonne expertise sur sa santé mécanique. Quand on se met en quête de la bonne occasion, le doute subsiste et, parfois, l'hésitation du moment fait avorter la prise de décision. Pour ne pas regretter son achat, il faudra effectuer une bonne évaluation de l'état général de la moto.


L'ÉVALUATION COMMENCE PAR...
Pour ce qui est de l'évaluation, il est recommandé de faire affaire avec un mécanicien chevronné, reconnu et possédant un sens des responsabilités très développé. Son œil aguerri saura déceler s'il y a un doute quant à l'affichage de l'odomètre de cette moto d'occasion. Très souvent, les fraudeurs changent le kilométrage. On trouve également des motos accidentées et remontées au moyen de pièces provenant de plusieurs motos. Reste le mécano bricoleur, celui qui a très peu de formation, qui achète et qui revend après avoir rafistolé la machine. Ainsi, il n'est pas si facile de faire l'évaluation d'une moto d''occasion si l'on n'a pas une bonne expérience.

Cela ne veut pas dire qu'une moto assemblée grâce à des pièces provenant d'autres motos ne soir pas sûre et fiable. Il s'agira de la faire évaluer et d'en faire l'essai. La mécanique devra passer des tests rigoureux. On devra vérifier et scruter à le loupe le châssis ainsi que les pneus. de même, il faudra vérifier en entier la section électrique.


PREMIÈRE ÉTAPE
D'abord, avant même de dépenser un dollar sur la machine, et avant de contracter un prêt pour l'achat d'une moto, il faut s'assurer que le propriétaire précédent ne l'a pas donné en garantie d'un prêt ou qu'il a remboursé la totalité de sa dette. Le créancier pourrait alors vous tenir responsable du paiement de la dette ou vous obliger à lui remettre le véhicule. Le meilleur moyen consiste à consulter le Registre des droits personnels et réels mobilier (RDPRM) à l'adresse internet suivante : www.rdprm.gouv.qc.ca (http://www.rdprm.gouv.qc.ca) ou en composant l'un des numéros de téléphone suivants:
pour Montréal et les environs (514) 864-4949
pour Québec et les environs (418 ) 646-4949
Et ailleurs au Québec, sans frais: 1 (800) 465-4949
Les frais de consultation sont minimes et ils valent le coup.

Après avoir passé avec succès ces deux étapes, il faudra choisir un bon mécanicien ou un atelier de réparation en qui vous avez confiance. Il faudra demander avant tout une évaluation des coûts. Une vraie expertise pourra nécessiter entre deux et trois heures. Il faut parfois démonter certaines pièces ou certains éléments de carrosserie pour atteindre le point de vérification. Tout dépend du modèle de moto.

Si vous vous sentez suffisamment compétent pour entreprendre vous-même cette évaluation, voici quelques conseils à suivre.


LA DEUXIÈME ÉTAPE
Comme le moteur est l'élément essentiel de la moto et qu'il nécessitera sans doute la plus grande partie du temps de l'évaluation, je conseille de commencer par les tests sur son état. Mais avant tout, il faudra faire l'essai de la moto. Il va de soi que notre première idée confirmera notre choix.

On écoute d'abord le moteur fonctionner; un bruit qui semble anormal doit faire l'objet d'une vérification. Le kilométrage au compteur peut être un guide sur la condition générale du moteur et permettre de voir si l'on doit s'attendre à effectuer une dépense dans un avenir rapproché.

Un coup d’œil au niveau et à la couleur de l'huile du moteur vous indiquera si le moteur semble consommer de l'huile et si le propriétaire change l'huile régulièrement ou non.

LES ESSAIS ET L'OUTILLAGE
Pour passer le moteur au peigne fin, la première étape consiste à se procurer un manuel d'atelier (shop manual). Prendre un test de compression des cylindres doit être effectué à chaud et selon une procédure bien déterminée. Avnat de procéder à ce test de compression, on doit s'assurer que les soupapes respectent les tolérances prescrite par le manufacturier.

D'abord on retire la ou les bougies qu'on met à la masse du moteur (très important) et l'on insère le tube flexible du compressiomètre dans le trou de la bougie du cylindre à tester. On ouvre la manette des gaz à fond afin de laisser l'air entrer par l'admission. Maintenant, on fait tourner le moteur jusqu'à ce que l'aiguille du compressiomètre cesse de monter. On prend alors en note la valeur du cylindre testé. On fait de même avec chaque cylindre. La valeur doit correspondre ou être près des valeurs spécifiées dans le manuel.
Les valeurs de chaque cylindre doivent être très près l'une de l'autre. Une différence de plus de 15psi entre deux cylindres indiquera une anomalie au niveau du cylindre le plus faible.


L'ESSAI DE FUITE POUR CYLINDRE
L'essai de fuite pour cylindre (leak down test) ressemble au précédent; il se distingue toutefois par le fait qu'on appliquera une pression dans le cylindre quand la piston sera à son point mort haut de la course de compression. Le fait de permettre à de l'air sous pression d'entre dans le cylindre reproduira la phase de pression produite par la combustion normale du moteur pendant qu'il fonctionne.

Au moment où l'on applique la pression d'air dans le cylindre, la pression exercée dans la chambre de combustion permet de déceler avec exactitude l'endroit de la fuite. La fuite peut se faire entre les segments de pistons et la chemise du cylindre ou encore au joint de culasse et même à l'une des soupapes d'admission ou d'échappement. Ces essais permettront de préparer l'estimation du coût approximatif des réparations à prévoir.

Le prochain test, le test d'étanchéité, touche les moteurs refroidis au liquide. On commence d'abord par vérifier le bouchon du radiateur. Ensuite ce sera au tour du radiateur lui-même. Il faut encore se référer aux caractéristiques technique du fabricant pour appliquer la bonne pression au radiateur; à titre d'exemple, on indique ordinairement la valeur de pression du bouchon sur son couvercle.

Ce test est simple et facile à effectuer. Il ne faut pas retirer le bouchon du radiateur avant que le moteur ait refroidi suffisamment. À chaud, il se développe une pression dans le radiateur; si l'on retire le bouchon sans prendre de précautions, on pourrait subir des brûlures. On recommande de porter des gants et des lunettes de protection pour effectuer cette opération.

On doit également vérifier la carburation ou l'injection selon la cas. Pour ce faire, on aura besoin d'outils appropriés. Comme ce travail est relativement coûteux et nécessite une certaine expérience, il est préférable de le faire effectuer par un mécanicien d'expérience.


LA TROISIÈME ÉTAPE
Le prochain test, sur l'embrayage, ne sera pas aussi facile. De prime abord, on ne peut savoir si l'embrayage glisse, patine ou broute. Donc, un essai s'impose. Il faudra une bonne part d'expérience pour déceler jusqu'à quel point l'embrayage peut avoir tendance à glisser; après trois ou quatre années passées en remisage, un embrayage se glace, et ses ressorts se relâchent. Il glissera à un moment ou un autre. Il faudra donc être très attentif aux réactions de l'embrayage.

La boite de vitesse devra passer le test de la route, mais sans un embrayage en bo état, cette vérification ne donnera pas un résultat probant. Si un ou des rapports se désengagent, causent des vibrations ou un grondement, on évite d'acheter cette moto.

Pour poursuivre dans la même veine, on aura deux modèles de transmission finale à vérifier. La première, par pignons et chaîne, le seconde, par cardan. Dans le cas de la première, on devra vérifier l'usure des dents des pignons et l'étirement de la chaîne. Dans le cas de la transmission par cardan, on vérifie le jeu des roulements du joint, le jeu entre les dents du couple conique anis que l'huile et son niveau.


LE CHÂSSIS ET SES VÉRIFICATIONS
Comme le cadre est habituellement fixé de façon rigide au moteur, soit directement ou par coussins antivibration, on peut seulement vérifier s'il a subi un choc lors d'un accident ou d'une chute. Il faudra bien observer les soudure pour déceler un fêlure ou une cassure. Il peut être également plié. Dans le cas d'un cadre croche, on peut le redresser mais il faudra consulter un spécialiste.

Une fois le cadre vérifié, on passe à la fourche et l'on vérifie les tés et le jeu des roulements et leur tension. Il est possible que les roulements soient piqués ou cochés; dans ce cas, il faut les remplacer. Un moyen de reconnaître ces signes consiste à tourner le guidon de gauche à droite sans mettre de pression sur la roue ou si le pneu avant ne touche pas le sol. Si l'on ressent un blocage ou des encoches, il faudra remplacer les roulements.

Il ne reste qu'à vérifier les bras et les tubes de fourche. Après quelques milliers de kilomètres, il est normal qu'une usure apparaisse. Pour faire cette vérification, on doit maintenir la moto avec le roue avant en l'air. On tire et on pousse en tenant les bars de fourche dans les mains. Si l'on ressent un jeu, on doit vérifier la tension aux roulements. Si la tension est correct et si le jeu est encore présent, il est possible que le problème provienne de l'usure des bagues de fourche. Dans le cas d'une moto de route, on doit normalement remplacer l'huile de fourche entre 20000 et 25000km parcourus

Du côté du bras oscillant, on doit vérifier l'usure des roulement et des pivots de suspension. Qu'il s'agisse d'un modèle à amortisseur simple ou double, la technique de vérification est sensiblement la même. Elle consiste à tirer et à pousser de l'avant vers l'arrière le bras dans sa position horizontale. s'il existe un jeu, c'est que les roulements sont usés et ont besoin d'être remplacés; s'il sont du type conique, on pourrait n'avoir simplement qu'à les régler.


LES PNEUS
La vérification de l'usure des pneus peut se faire au moyen d'une jauge de profondeur. Il faudra se référer aux caractéristiques technique du fabricant pour connaître leur limite d'usure. Quant à leur état, observez s'ils présentent des craquelures ou s'ils sont fendillés. Dans ces deux cas, il faudra les remplacer.
N'oubliez pas de les gonfler selon la charge totale.

Le mariage des pneus ne doit se faire que selon des règles bien strictes. On ne doit jamais jumeler un pneu à carcasse radiale avec un pneu de structure traditionnelle. De plus, la dimension doit rester le plus près possible de celle d'origine; si un pneu est surdimensionné, on doit s'assurer qu'il respect les normes. La valeur de votre offre devrait être rajusté en fonctionne du pourcentage d'usure des pneus.


LA PARTIE ÉLECTRIQUE
Des vérifications précises s'imposent ici. D'abord, l'état de la batterie et son âge. On vérifie la tension aux bornes; dans le cas d'une batterie avec entretien, la tension doit être de 12,8 volts; pour ce qui est d'une batterie sans entretien, sa tension devrait se situer à au moins 13 volts. On doit également considérer l'aspect visuel: elle ne doit pas être gonflée ou déformée.

Maintenant, on passe à la vérification du système de charge en utilisant un voltmètre. On branche le voltmètre aux bornes de la batterie après avoir choisi la gamme 20 volts et respecté les polarités (rouge sur le positif et noir sur le négatif). Après avoir noté le tension avant le démarrage, on fait ensuite démarrer la moto au neutre et l'on maintient la révolution du moteur entre 4000 et 5000 tr/min pendant 10 à 15 secondes. Le voltmètre devrait indiquer entre 14 et 15 volts. Dans le cas où la charge ne correspond pas à ces valeurs, il y a soit un problème au niveau de la batterie, du redresseur/régulateur ou de l'alternateur. Il reste quand même une autre possibilité pour les systèmes de charge à induction de batterie. L'alternateur peut être hors fonction soit parce qu'un fusible a grillé ou en raison du fait qu'une ou des diodes du redresseur sont court-circuitées. Il faudra donc réparer. Avant de conclure que le projet d'achat est à l'eau, on doit faire effectuer une évaluation des réparations et faire une offre qui tient compte du coût des réparations.

Il est également important de vérifier le démarreur. L'utilisation d'un ampèremètre présentant une échelle de 150 à 200 ampères-heures en courant continu permettra de détecter un problème. On vérifie l'intensité du courant au démarrage et l'on test la consommation en ampère-heures au moment d'appuyer sur le bouton du démarreur. Chaque démarreur à des caractéristique techniques qui lui sont propre.

Il reste maintenant à inspecter tous les autres composants des circuits de base. Pour cela, le simple fait de mettre en fonction chaque circuit sera suffisant.


LA PARTIE ESTHÉTIQUE
Les carénages devront être en bon état; des rayures profondes indiqueront une ou plusieurs chutes, ce qui aura un effet majeur sur le prix. Ces rayures signifient également qu'il y a un risque quant à la condition de l'ensemble de la moto. Habituellement, ce sont les motos sportives qui ont eu la vie dure.

Pour ce qui est des autres types de motos, on observe l'usure des caoutchoucs des repose-pieds, des poignées du guidon, etc. On peut également vérifier le réservoir pour s'assurer qu'il ne présente pas de rouille à l'intérieur. A-t-il été repeint? Cela peut cacher un accident majeur.

En conclusion, il est possible de vérifier bien d'autres aspects quand on veut faire l'acquisition d'une moto d'occasion. Toutefois, vous avez ici les principaux points à vérifier pour éviter de mauvaises surprises.